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/ Faculté des sciences de l'éducation

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Rachel Berthiaume

La morphologie pour mieux lire et écrire

«L’élève en difficulté n’est pas plus bête qu’un autre, il trouve des stratégies compensatoires pour y arriver quand même, mais il faut que l’enseignant puisse le soutenir et l’accompagner dans sa démarche»

Après s’être dirigée en premier lieu vers des études en histoire, Rachel Berthiaume a choisi de se réorienter vers la linguistique et la didactique en complétant un baccalauréat en sciences du langage puis une maîtrise en didactique du français pour terminer par un doctorat en linguistique appliquée. Durant sa thèse, la professeure s’est particulièrement intéressée à la problématique de l’adaptation scolaire pour les élèves sourds ainsi qu’à la dyslexie dans le cadre de son projet postdoctoral.

L’adaptation scolaire est un domaine complexe. Ainsi, dix-huit ans après l’instauration de la politique de l’adaptation scolaire, le bilan n’est malheureusement pas complètement concluant. Persistent des inégalités, des difficultés à réussir chez certains élèves, on constate encore trop souvent un manque d’accès à la formation des enseignants. « Pour certains, la dyslexie, par exemple, n’est pas encore vraiment connue. Il y a un manque de compréhension, par rapport à ce que l’on peut faire concrètement en classe pour venir en aide à ces élèves de façon à leur permettre d’apprendre au même niveau que les autres »  nous explique la professeure.               
 
Enfin, les outils mis à la disposition des élèves pour pallier leurs difficultés scolaires sont très variables d’une commission scolaire et d’une école à l’autre.             
En effet, certains milieux scolaires plus favorisés ont davantage de budgets, plus de soutien et ont des enseignants mieux formés à ces sujets. À contrario, les commissions scolaires et écoles les moins aisées, voire défavorisées, subissent une pénurie de matériel, à l’instar de certains parents qui ne peuvent pas assumer le coût des manuels scolaires. Les enseignants se doivent donc d’être créatifs, « c’est caractéristique de l’adaptation scolaire, car étant donné la variété des difficultés des élèves, il faut s’adapter et pour s’adapter, il faut souvent créer » nous affirme Rachel Berthiaume.

« C’est dans le cadre de ma thèse que j’ai véritablement développé une passion pour la morphologie » nous confesse la jeune professeure. La morphologie est l’étude de la formation des mots. C’est d’ailleurs le sujet de son livre qui vient de paraitre aux éditions Chenelière Éducation, écrit avec son collègue Daniel Daigle et deux enseignantes du primaire, Martine Boisvert et Pascale Théberge. Intitulé « la morphologie pour mieux lire et écrire », cet ouvrage, à destination des enseignants, est un manuel qui va certainement aider des milliers d’enfants connaissant des difficultés d’apprentissage. Accessible, ce livre fournit aux enseignants 55 activités concrètes à mettre en place au sein de la classe dans toutes sortes de contextes, en groupe ou individuellement. De 10 à 15 minutes, chaque activité est facilement et rapidement applicable en classe, ce qui devrait réjouir les enseignants qui sont déjà débordés.           

D’après Rachel Berthiaume «plus on comprend les problématiques liées aux difficultés des élèves, plus on est en mesure de les accompagner. Ce livre, c’est ma façon de contribuer à soutenir les enseignants ».          
La morphologie est une notion essentielle, qui était jusqu’alors encore très peu explorée.
Les ouvrages existants proviennent de l’étranger et ne sont donc pas réellement adaptables à la réalité que connait l’école québécoise.     

Les enjeux cruciaux de l’adaptation scolaire sont multiples « il faut continuer à outiller les enseignants et les élèves. Ce n’est pas en faisant des coupures financières dans les milieux scolaires comme dans les dernières années qu’on avantage ces élèves, souligne-t-elle. Il faut donner, créer, informer, accompagner ce beau monde-là. Il faut également donner du temps, des formations ou de l’accompagnement aux enseignants sous forme d’orthopédagogues par exemple. Les élèves en difficulté ne représentent pas un problème, mais bien une richesse, ce sont des élèves qui vont tellement vouloir réussir malgré tout, qu’ils vont s’en sortir, car ils vont trouver toutes sortes de stratégies compensatoires. Ils vont généralement travailler plus fort que les autres même si ce n’est pas facile et que cela peut jouer sur leur estime d’eux-mêmes, mais il faut les comprendre assez pour travailler dans ce sens-là.».

Plus d'informations sur l'ouvrage "La morphologie pour mieux lire et écrire" : ici