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/ Faculté des sciences de l'éducation

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Soutenance de thèse de doctorat Hana Alahmadi

Les pratiques d'enseignement du vocabulaire dans les classes d'accueil du primaire au Québec.

Sous la direction de recherche de Ahlem Amar, Département de didactique.

Dans un contexte où la diversité linguistique en milieu scolaire ne cesse de croître (Ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport, 2012), la présente thèse explore un enjeu fondamental, mais encore peu documenté : comment le vocabulaire est-il enseigné aux élèves allophones dans les classes d’accueil au primaire au Québec? Alors que le vocabulaire constitue un pilier de la réussite scolaire en langue seconde (L2) (Snow et al., 2007), il reste marginal dans les études empiriques portant sur les pratiques pédagogiques réelles au primaire. C’est dans cette perspective que s’inscrit la présente recherche qui s’intéresse à la description des pratiques d’enseignement lexical en classes d’accueil au Québec.

En s’appuyant sur une approche qualitative combinant observations en classe, entretiens semi-dirigés et entretiens d’explicitation avec quatre enseignantes de classes d’accueil (n=4), cette étude vise à documenter de manière approfondie les pratiques déclarées et observées d’enseignement du vocabulaire ainsi que les intentions et les raisonnements qui les sous-tendent. Le recours à une méthodologie qualitative découle de la volonté de comprendre les pratiques dans leur contexte réel (Creswell & Poth, 2018; Merriam & Tisdell, 2016). L’analyse des données obtenues repose sur l’évaluation de la cohérence de ces pratiques et intentions avec les fondements théoriques en didactique et en apprentissage du vocabulaire en L2.

Les résultats mettent en lumière une diversité de pratiques mises en œuvre, telles que l’usage de supports visuels, l’organisation d’activités interactives, la mobilisation de la dimension sémantique ou encore l’élaboration de murs de mots. Le vocabulaire enseigné est souvent choisi en fonction de sa pertinence contextuelle et de son utilité dans la vie quotidienne. Néanmoins, l’étude met en lumière aussi certaines lacunes : un traitement déséquilibré des différentes dimensions du mot (forme, sens, usage), une faible mobilisation des stratégies d’apprentissage lexical autonome, et une conscience lexicale peu développée. Ces constats révèlent des écarts entre les intentions pédagogiques des enseignantes, souvent centrées sur le soutien à l’intégration linguistique, et les exigences d’un enseignement systématique et structuré du vocabulaire en L2. Ils soulignent également la complexité du contexte des classes d’accueil, marqué essentiellement par l’hétérogénéité des profils d’élèves.

La pertinence de cette thèse réside dans sa capacité à rendre compte de pratiques réelles, contextualisées, et à en dégager les forces autant que les limites au regard des connaissances actuelles en didactique du lexique. En contribuant à un champ peu exploré sur l’enseignement du vocabulaire en milieu primaire et en contexte d’accueil, cette recherche propose des pistes concrètes pour enrichir la formation continue des enseignants et pour mieux outiller les pratiques pédagogiques. Par sa démarche rigoureuse et sa portée réflexive, cette étude offre un éclairage utile pour actrices et acteurs engagés dans l’enseignement du français langue seconde au primaire.

Location: Université de Montréal - pavillon Marie-Victorin, B-328