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Bâtir une relève scientifique plus diversifiée : regard de notre chercheuse Geneviève Allaire-Duquette

À l’occasion de la Journée internationale des femmes et des filles de science, nous mettons en lumière le parcours de Geneviève Allaire-Duquette, professeure-chercheuse au Département de didactique et spécialiste de la didactique des sciences. Par ses travaux, elle contribue à transformer la manière d’enseigner les sciences afin de favoriser l'émergence d'une relève plus diversifiée et inclusive.


Son engagement prend racine lors de ses premières années d’enseignement des sciences au secondaire. Le constat est frappant : en 4e, et surtout en 5e secondaire, les filles sont peu nombreuses dans ses cours. Là où certains collègues voyaient une forme de fatalité, Geneviève Allaire-Duquette a du mal à accepter cette perspective. Elle se tourne alors vers les études supérieures pour mieux comprendre la sous-représentation des filles. Ses travaux mèneront notamment à la publication d’un article toujours pertinent : À la source même du développement de l'intérêt : utiliser le contexte du corps humain pour améliorer l'engagement émotionnel des femmes dans les cours d'introduction à la physique.

Ce qui la passionne dans la didactique des sciences ? « La recherche en didactique des sciences et technologies a le pouvoir de briser des barrières. Se pencher sur les biais de genre, par exemple, permet de réaliser que la science n'est pas qu'une question d'équations et de laboratoires. En analysant comment nos interactions quotidiennes avec les élèves (particulièrement les filles) influencent leur sentiment d'auto-efficacité, on travaille concrètement à bâtir une relève plus diversifiée et inclusive. »

Ce qui motive notre professeure-chercheuse à étudier la façon dont on enseigne les sciences, ce sont les enjeux de justice sociale, mais aussi d'excellence scientifique, qui se cachent derrière la sous-représentation des femmes en sciences.

« Une idée répandue veut que, depuis que les études scientifiques sont accessibles aux femmes, l'équité de genre ne soit plus qu'une question de temps. Pourtant, la recherche démontre qu'en plus des barrières visibles (comme l’inaccessibilité des études, qui fut historiquement le cas au Québec et demeure une réalité dans certaines sociétés), il existe des barrières invisibles qu’il faut lever pour garantir un accès équitable aux domaines scientifiques. Comprendre comment les interactions quotidiennes et nos biais souvent implicites façonnent le parcours des filles me fascine car cela met en lumière le rôle que tous les acteurs peuvent jouer pour promouvoir la place des femmes en sciences. »


Des progrès réels, mais un défi toujours d’actualité

Selon son analyse, la place des femmes en sciences a évolué en trois phases : les luttes sociales (jusqu'aux année 1960), l’effervescences des années 1990-2000 (marquée par la création de programmes, de chaires et comités internationaux), puis la course de longue haleine des 2010- 2020, où l’enjeu demeure central malgré un ralentissement des financements. Des organismes comme Parités Science à l'UdeM œuvre aujourd’hui à pérenniser cette « lutte » et la sensibilisation.

Actuellement, la plupart des pays de l’OCDE stagnent autour de 30 % de femmes en sciences, alors qu’un réel équilibre se situerait plutôt à 40 % et plus. « Le travail doit se poursuivre », souligne‑t‑elle.