Passer au contenu

/ Faculté des sciences de l'éducation

Je donne

Rechercher

La littérature jeunesse en classe d’accueil au primaire

Prix Coup de cœur du jury dans la catégorie Baccalauréat en enseignement du français langue seconde, à l'occasion du Colloque des finissantes et finissants 2026.

 

 

Anne-Marie Emond, vice-doyenne à la formation initiale en enseignement, accompagnée de Jessica, Laurence et Mélissa.

« L’idée de ce sujet est venue d’une passion personnelle pour la littérature jeunesse. Nous avons cherché à élaborer un projet de recherche en lien avec notre passion pour nous motiver », expliquent Jessica, Laurence et Mélissa.

Rapidement, leur curiosité les amène à constater que les effets de la littérature jeunesse en contexte de classe d’accueil demeurent très peu documentés.

Ce projet de recherche s’est donc construit autour d’une question centrale : « Comment la littérature jeunesse contextualisée influence la motivation scolaire des apprenants dans leurs apprentissages ». Pour y répondre, elles ont observé à la fois la motivation comportementale - participation aux discussions, respect des consignes, attention portée à l’album jeunesse - et la motivation cognitive - questionnements des élèves, capacité à faire un lien avec leurs connaissances antérieures. Leurs observations révèlent  une certaine rétention du vocabulaire et une participation positive, surtout lorsque l’histoire rejoignait les intérêts communs des élèves à travers des protagonistes comiques.

Malgré les défis d’un  échantillon d’élèves présentant des troubles de concentration ainsi qu’un profil particulier  et la nécessité d’ adapter constamment le choix des albums jeunesse , les étudiantes retiennent un constat fort : « Les moments de lecture et de discussion nous ont permis de créer des liens avec nos élèves. »

Un outil puissant pour apprendre et s’engager

« La littérature jeunesse représente un dispositif particulièrement intéressant à explorer en classe d’accueil. Les illustrations jouent un rôle clé, permettant  de reconnaître et apprendre certains mots de vocabulaire , un défi généralement marqué chez les élèves pour qui le français n’est pas la langue première », tient à mentionner l'équipe.  

Mais tout repose sur le choix des œuvres. « Lorsque l’album jeunesse est choisi avec attention et en fonction de la réalité du groupe-classe, il devient un outil précieux pour susciter l’intérêt et la curiosité », soulignent-elles. Et elles insistent : « le jugement professionnel est très important ! »

Au-delà du projet, ces futures enseignantes portent une vision claire de leur rôle. Elles souhaitent créer un environnement positif et motivant , être à l’écoute, bienveillantes et capables de donner le goût d’apprendre le français.

« Nous espérons encourager la confiance en soi, le respect et la participation de chaque élève dans la classe. Pour nous, il est important de bâtir de belles relations avec les élèves et de contribuer à une ambiance scolaire où chacun se sent accueilli et valorisé. »  

Devenir enseignante : entre enthousiasme et dépassement de soi

À l’aube de leur entrée dans la profession, Jessica, Laurence et Mélissa reconnaissent ressentir beaucoup d’enthousiasme, mais aussi un peu de stress . Comme plusieurs finissants, elles réfléchissent à la gestion des élèves ainsi qu’aux défis et aux responsabilités que comporte la profession enseignante . Mais elles avancent avec confiance :

« Nos stages nous ont beaucoup aidées à prendre confiance, et nous savons que nous ne serons pas seules ! »

Leur parcours au baccalauréat les a profondément transformées. « Oh que oui ! Ce long parcours nous a appris à devenir des personnes confiantes, débrouillardes et plus empathiques. » Leur plus grande fierté : « de ne jamais avoir lâché. Chaque fois que nous sommes devant la classe et que nous voyons que notre travail fait une différence positive dans la vie de nos élèves, nous avons l’impression d’être à notre place ».

Aux futurs étudiants qui s’apprêtent à commencer le programme, elles livrent ce message : « le baccalauréat est un marathon , mais tu n’es pas seul! »

« Si nous avions eu la chance de recevoir des conseils au début de notre parcours, nous nous dirions d’être moins dures avec nous-mêmes. Les qualités pour devenir une bon enseignant ou enseignante ne s’acquièrent pas du jour au lendemain. Tout s’apprend et certains apprentissages prennent du temps à s’ancrer en nous .»

Enfin, elles partagent quelques conseils concrets, allant de la gestion financière à la santé mentale : si nous devions conseiller des astuces pratiques pour survivre, dès le début du bac, nous mettrions de l’argent de côté. Le quatrième stage est long et fait très mal monétairement parlant. Aussi, prends le temps de parler à tes collègues et n’hésite pas à suivre une thérapie au besoin ». Et un dernier rappel essentiel : « si tu es dans un milieu où tu n’es pas bien, ce n’est probablement pas toi le problème ».

Ce témoignage illustre parfaitement ce que le baccalauréat en enseignement du français langue seconde à l’UdeM peut offrir : un espace pour développer ses passions et devenir, pas à pas, un enseignant engagé, une source d'inspiration.


Découvrez l'ensemble des équipes récipiendaires, édition 2026